L'incinerateur de Surgères, les solutions alternatives

Comme Sophie Robert le fait remarquer, une étude de l'Institut National du Cancer publiée en Décembre 2008 montre que le nord de la Charente Maritime connaît plus de morts par cancer que le sud du département. Si nous faisons le rapprochement avec l'implantation des incinérateurs d'ordures ménagères dans la région... la coïncidence est troublante. Mais des solutions existes, et Dany dietmann maire de Manspach commune d'Alsace et vice président de sa communauté de commune, est venu à Surgères nous les présenter samedi 26 septembre.

>> Dany Dietmann - Incinération, les solutions alternatives

 

Contrairement à ce pouvait affirmer Armand Berthomé dans le journal Sud Ouest le débat a du mal à s'ouvrir, sur les 200 élus concernés par ce projet et invités par Surgères Alert, seuls trois ou quatre étaient présents. A noter les absences remarquées de Guy Beugnon président du SMICTOM, d'Etienne Vitré le directeur du SMICTOM, celle du directeur de l'incinérateur ou celle de Philippe Guillauteau maire de Surgères.

 



 

Les élus suivants étaient présents :

  • Edoaurd ROUSSEAU (Commission Voirie, Aménagement et Développement Durable CDC Surgères - Elu municipal St Germain de Marencennes)
  • Pierre BOULOC (Maire de La Vergne)
  • Stéphane FOULON (Elu municipal de Surgères)
  • Corinne CAP (Conseillére régionale Poitou Charente)
  • Joseph GABORIT (Conseillé régional Poitou Charente)
  • Thierry BLASZEZYK (Maire de Voué - Conseillé CDC Surgères)

 

Les solutions alternatives à l'incinération existent, Dany Dietmann est venu nous présentez les siennes. Elles apportent un véritable bol d'air car, dans son département du Haut Rhin où il est maire et vice président de sa communauté de commune, faute de "déchets", ils n'arrivent plus à remplir les incinérateurs, et les décharges se vident...

En France la moyenne des poubelles est de 360kg par habitant et par an. Avec 24% de recyclage sur ce poids, nous sommes parmi les derniers d'Europe, les bonnes pratiques étant de l'ordre de 60%. Comme Dany Dietmann, qui à réussi en 10 ans à obtenir 76% de taux de recyclage sur les poubelles de la Communauté de communes de la Porte d’Alsace (CCPA), l'objectif à se fixer dès maintenant est de sortir 75% de produits résiduels du bac. En effet une fois le choix de valorisation effectués, ses déchets deviennent des produits qui peuvent rapporter beaucoup.

Les solutions alternatives

A elle seule la France à plus d'incinérateur que tout le reste de l'Europe. La première des étapes est donc de ne pas choisir la construction d'un nouvel incinérateur, sinon nous serons obligé de le remplir et donc nous ne trierons pas.

La seconde étape est de passer d'une taxe sur les ordures ménagères ("Tu tries ou tu tries pas, tu payes") gérée par les services de l'état à une redevance sur les ordures ménagères à gestion communale avec une facturation incitative ("Plus tu tries moins tu payes"). L'eau est bien facturée au mètre cube, l'électricité au kilowatt/heure, le téléphone à la minute, pourquoi les ordures "intriables" ne seraient elles pas facturées au poids? Bénéfice net 8% pour le contribuable, auquel il faut ajouter "la valeur ajoutée au geste du tri". Tous les produits résiduels triés sont revendus, ce qui permet de réduire encore la facture. A titre d'exemple l'aluminium est vendu 900€ la tonne, le carton trouve preneur à 108€, le fer oscille entre 130 et 300€. Autre facette, la mis en place à l'échelle nationale de ce concept de tri permettrait la création de 350000 emplois, soit 3500 par département, presque 100 emplois nouveaux par canton.

Mais pour que cette valorisation soit possible il faut avant tout extraire des poubelles tout ce qui est décomposable. Il faut isoler la part des produits fermentescibles, soit 30% du volume de la poubelle, en favorisant le compostage individuel ou regroupé. La distribution de composteurs ou de plans pour les construire, le lombricompostage, l'installation de plateformes de compostage avec un maître composteur est une solution facile à adapter à chaque situation. Les apports de substance peuvent être volontaires ou le ramassage organisé. Une fois le compost préparé, il peut être à nouveau redistribué ou vendu. Pour l'habitat collectif, une collecte sélective en milieu urbain peut être envisagée en porte à porte. La ville de Fribourg et ses 450000 habitants collectent ainsi 26000 tonnes de fermentescibles par an. Chaque tonne produit 150kg de gaz, 310kg de compost et 500kg d'eau, ce qui permet à la ville de disposer de 17000M3 de méthane quotidiennement.

La collecte des produits non "triables", les produits résiduels ultimes, s'effectue dans des poubelles équipées d'une puce pour permettre la pesée de chaque bac. C'est la pesée embarquée. Celle-ci est facturée 76 centimes, chaque propriétaire gère alors le taux de remplissage de son bac avant de le présenter au système de ramassage. Chaque poubelle est donc pesée à la montée et à la descente pour déterminer le poids à facturer, l'information étant transmise directement au service facturation de la commune. Pour l'habitat collectif, la mise en place de parcs à poubelles avec un peu d'organisation permet de procéder de même. Autre avantage, l'arrêt du véhicule de ramassage est moins fréquent, chaque foyer sortant sa poubelle en moyenne qu'une fois sur 3. Encore une économie et un gain de confort pour les usagers.

Une autre piste est la mise en place de plateforme de déballage à la sortie des caisses des commerces qui permet de gérer les tous les emballages excédentaires.

Toutes ces solutions sont déjà en place dans plus de 200 communes en France, ce qui à permis à certaines de passer de 380kg de produits résiduels ultimes à 87kg en seulement 10 ans. La taxe de 93€ s'est transformée en redevance de 56€ par an et par habitant, soit une économie de 175€ par an pour un foyer de 5 personnes. Elles seront amenées à se développer encore davantage dans les prochaines mois, les scandaleux contrats d'approvisonnement des incinérateurs étant maintenant interdits depuis le grenelle de l'environnement. De plus les futures lois sur les (tout aussi scandaleux) machefers devrait encore faire avancer le processus.

En résumé, ce n'est pas un incinérateur dont nous avons besoin pour maitriser le flux de nos "déchets" mais d'une implication de la population, des bailleurs et des élus pour la mise en place de véritables solutions. C'est un enjeux humain et non technique que nous propose Dany Dietmann, car la pollution et la destruction n'est plus d'actualité. Il faut maintenant s'installer dans une économie plus locale, plus légère et remplacer le toujours plus par le toujours mieux.

 

L'incinerateur de Surgères, les solutions alternatives
commentaires (1)
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Augmentation de la taxe foncière

Cette année c'est encore la trésorie principale qui gére la Taxe des ordures ménagères à Surgères et dans les communes environnantes. Le taux pour 2009 est de 9,50% soit une augmentation de 6,98% par rapport à 2008.  Les solutions alternatives sont à mettre en place rapidement...

 
Pascal B. - 01 octobre 2009 - 11:18

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